est actuellement en résidence à L'L où il mène une recherche sur les Fluctuations du non-évènement

Petite théorie de la banane:

Le seul fait de voir un pied qui va marcher sur une peau de banane me suffit à imaginer la chute.

Si je place une peau de banane sur scène, tout le monde s’attendra à ce que je marche dessus à un moment donné. Et l’on attendra cet instant pendant toute la représentation…

Mais si je ne marche jamais sur cette banane, cela laisse le temps à celui qui regarde, d’imaginer toutes les chutes potentielles. Je n’ai alors plus besoin de marcher sur la banane puisque ma chute sera toujours moins impressionnante que celles que les spectateurs auront projetées.

En posant cette banane, je crée une tension (certes pas énorme) qui n’aboutira à rien.

Au travers de mes différentes tentatives, bidouillages hasardeux et théories à géométrie variables, je m’acharnerai à dresser des partitions sur ce qui entoure le rien.

À ce jour, je suis persuadé (pour reprendre les mots de Lichtenberg) que « quand on veut donner une interprétation raisonnable de choses incompréhensibles et absurdes, on tombe assez souvent sur de bonnes idées »

En espérant que le temps me donne raison …